Bander un poignet en cas de tendinite : techniques simples et efficaces

Les statistiques ne font pas dans la nuance : chaque année, des milliers de poignets cèdent sous la répétition, la tension ou la précipitation. La tendinite du coude, aussi appelée épicondylalgie quand elle frappe l’extérieur, fait mal, très mal, et n’épargne pas l’intérieur du coude, on parle alors d’épitrochléite. Le diagnostic saute souvent aux yeux : la douleur, réveillée au moindre mouvement du poignet ou de l’avant-bras, ne ment pas. Le médecin le sait, la douleur aussi.

Une sensation de crépitement, ce fameux « crépitement » à la palpation, accompagne souvent la tendinite. Cette douleur est si claire et si facilement retrouvée à l’examen que l’imagerie (radio, IRM) reste rare, réservée aux situations ambiguës ou aux suspicions d’autres pathologies comme l’arthrose ou un syndrome neurologique.

Les muscles concernés

Plusieurs groupes musculaires sont généralement impliqués dans une tendinite du poignet ou du coude. Voici ceux qu’on retrouve en première ligne :

  • Les rotateurs du poignet
  • Les muscles fléchisseurs
  • Les muscles extenseurs de la main

Cette blessure, surnommée « tennis elbow » ou tendinite du joueur de tennis, dépasse largement les courts. Aujourd’hui, raquettes et gestes sont mieux maîtrisés grâce à un encadrement sérieux. Pourtant, la tendinite cible en priorité les actifs, sportifs ou non, confrontés à des postures extrêmes, des efforts trop intenses ou des gestes mécaniques répétés.

Dans le quotidien professionnel, chaque flexion, chaque torsion du coude multiplie les sollicitations sur les tendons. Le coupable, bien souvent, c’est ce mouvement de coude associé à la pronation, paume tournée vers le bas, qui provoque le frottement du tendon contre la tête radiale. Rien de plus banal : une souris d’ordinateur, une chaîne de montage, et la douleur s’installe.

Les employés de bureau qui manient la souris toute la journée, les ouvriers aux gestes répétitifs : ces profils sont les plus exposés à cette affection. La tendinite ne fait pas de distinction entre les métiers, elle cible la répétition, l’intensité, le relâchement du geste.

Comment vaincre la tendinite ?

Premier réflexe : s’arrêter. Identifier les mouvements fautifs, les postures inadéquates, et permettre aux tendons de récupérer. Le médecin traitant peut prescrire des anti-inflammatoires pour apaiser la douleur, mais l’expérience montre que ce n’est souvent qu’un soulagement temporaire. Pour avancer, la thérapie manuelle s’impose comme une étape décisive.

Parmi les approches recommandées, plusieurs options peuvent être envisagées :

  • Kiné : une dizaine de séances mêlant exercices actifs et passifs, électrothérapie, ultrasons, méthode Mézières ou cryothérapie, selon l’appréciation du professionnel.
  • Acupuncture : cette méthode vise certains méridiens pour diminuer la douleur et peut compléter utilement un traitement classique.
  • Ostéopathie : l’ostéopathe travaille d’abord sur le coude et le poignet pour assouplir les articulations et limiter la friction sur les tendons. Il explore aussi les causes à distance, du côté de la ceinture scapulaire ou du rachis cervical, pour traiter d’éventuelles douleurs projetées. Les manipulations vertébrales ou mobilisations douces peuvent alors s’avérer particulièrement efficaces.

Le travail se poursuit ensuite sur les muscles et tendons directement touchés, pour renforcer l’effet antalgique et relaxant. L’ostéopathe adapte ensuite ses conseils au cas par cas, afin d’éviter la récidive.

Parfois, il faut aller plus loin. Les infiltrations, réalisées par un spécialiste, restent une alternative quand les autres traitements échouent. L’intervention chirurgicale, quant à elle, ne concerne qu’une minorité de cas, moins de 5 %.

Conseils pratiques pour limiter la tendinite et éviter qu’elle ne revienne

En attendant de consulter, quelques gestes simples peuvent soulager la crise. On parle ici du protocole « GREC » :

  • Glace
  • Repos
  • Élévation
  • Compression

Appliquer une poche de glace ou une compresse froide (jamais directement sur la peau), plusieurs fois par jour, aide à limiter l’inflammation. Mettre l’activité coupable en pause et laisser le tendon respirer, c’est déjà amorcer la guérison.

Surélever le bras, que ce soit en position assise ou allongée, réduit le gonflement. Un bandage souple peut également limiter les mouvements, apaiser la douleur et contenir l’œdème, sans immobiliser complètement la zone, ce qui serait contre-productif sur le long terme.

Pour éviter la rechute, il vaut mieux corriger sa posture, que ce soit derrière un bureau ou sur un terrain de sport. L’hydratation joue aussi un rôle : boire suffisamment, privilégier une alimentation moins acide, peut diminuer le risque de récidive. Si le problème revient, un bilan alimentaire avec un nutritionniste ou diététicien s’impose, pour réajuster le tir et intégrer des aliments alcalins selon ses recommandations.

Et avant chaque séance de port de charge ou de sport, une règle d’or : l’échauffement. La tendinite attend le moindre faux-pas, autant ne pas lui donner raison.